Force et Mélancolie
par Davide Centineo, New York, 2009
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Le travail très personnel de Camille de
Galbert contient les traces d’un parcours
traversé par la danse et la musique.
Chacune de ses créations récentes est
son propre Gesamtkunstwerk intime. Elles
sont inspirées des divers chemins qu’elle
a empruntés à la recherche de sa propre
identité. Son parcours multiple aurait pu
l’amener à cloisonner les expériences,
les périodes, les disciplines. Au contraire
avec des travaux tels que Lionel ou Le
danseur, elle a réussi à construire un
pont entre ses différentes passions et
une personnalité aux multiples facettes.
Ce pont invite les spectateurs que nous
sommes à rêver, à retrouver nos propres
secrets, nos propres désirs. Elle le
construit avec la force et la mélancolie
que nous renvoie toujours sa caméra
nomade comme celle d’un chant tzigane.
Elle ne se contente pas de filmer comme
un simple observateur. Au contraire,
ses vidéos juxtaposent les sujets pour
raconter des tranches de vie – autant
de clins d’oeil qui font intervenir
les personnages et les lieux de sa ville
adoptive : New York.
Et à travers ses racines françaises et sa
vie aux Etats-Unis, elle a pu donner à
son travail une dimension qui échappe à
toute appartenance géographique. Elle
n’est plus une artiste française installée à
New York, elle est simplement une artiste.
Ses dessins sont comme un appendice
d’elle-même. Ils n’appellent ni
commentaires, ni remarques, ni
jugements. Ce sont des vestiges
archéologiques de ce qu’elle est.
Tandis que ses vidéos posent un certain
regard sur les êtres et les choses, ses
dessins sont agissants. Ils témoignent.
Ils sont palpables, ils ont leur poids.
Elle les situe toujours dans le temps
et l’espace.
Au fil des années, elle a acquis un savoir-faire
qui lui permet de développer dans
ses images une sorte de chorégraphie de
la lumière, de la musique et des mots.
La richesse de sa palette peut ainsi
nous faire passer de l’onirisme aérien de
l’expérimental Samir aux paliers successifs
du désespoir dans One Day Like Another.
L’alchimie de Camille de Galbert est faite
de mots, de corps, de respirations, de
paysages, comme une sorte d’écho à une
métaphysique balzacienne. Et c’est avec
cette harmonie que nous pouvons regarder à travers son art et à l’intérieur de nos
propres vies. |